Espaces intimes croisés en tentative de rencontre à distance.
Une correspondance dont on n'aura que des bribes.
Entre deux missives, les narrateurs se racontent...

Jour 10 : Elle



Au réveil je me remets petit à petit de la déception de ne pas t’avoir trouvé dans l’écriture monsieur-mon-autre-moi, j’ai à penser que je ne suis peut-être pas la meilleure quand il s’agit de jouer à la grande chasse au trésor dans la cite, et qu’alors peut-être sachant cela, tu ne feras pas la grimace à présent que je te propose de ne pas y aller par quatre chemins… Je te demande la simplicité de te découvrir comme tu es, sans en passer par le cache-cache qui me pèse ces temps-ci, oh ça oui mon gars, j’ai l’envie qui me pousse franchement au dedans de t’inviter pour une danse à partager, mais sachons nous tenir encore quelques temps avant le rendez-vous tant attendu. Je suis comme tu l’as peut-être deviné de ces petits être farouches qu’on n’approche pas si facilement et qui savent sortir leurs griffes et se terrer lorsqu’ils se sentent en danger. Alors s’il te plait donnons nous encore l’occasion par les mots de converser à l’endroit même ou je te dépose cette dernière lettre, là où il n’y à rien à soulever pour m’attraper. Et qui sait si tu te plies à cette condition j’accepterai peut-être prochainement d’y aller plus franchement, voire même carrément…”  
Au coucher je me refais la lecture du brouillon de la note que je lui ai envoyé au matin, j’ai espoir qu’elle trouvera son homme et qu’alors une vraie relation pourra naître.