Toc toc
toc je lui dis. Toc toc toc avec le geste du poignet comme pour faire croire à
une porte. Je joue à je-sais-que-tu-es-là-ouvre-moi avec lui et il prend son
temps pour me répondre, « des mois et des mois » il me dit « ça
ne se consume pas comme ça. » Je joue à la dame impatiente, celle qui
trépigne les jambes croisées devant la porte des toilettes, celle qui refuse
d’attendre le prochain bus la bouche collée à la vitre et j’ai masse de petites
situations à faire rire les morts pour le dérider.
Je fais le joli parterre de cailloux devant sa
trappe avec au bout une flèche pointée vers moi pour quand il m’ouvrira et
alors il pleurera d’attention et ce sera beau. Il avancera un pied et puis un
deuxième et encore un et il m’arrivera. Je jouerai à
le-premier-qui-touche-l’autre-à-perdu et il perdra. D’abord mon coude puis mon
poignet et ma main, il touchera ma main falsifiée, avec le sourire qui lui
naitra au bord des lèvres et je pleurerai et ce sera beau. Il m’emmènera dans
son monde en m’attrapant par mon doigt manquant et je jouerai à faisons-comme-si-tu-me-tirai.
Et d’un coup à la surface on ne nous verra plus.
J’ai à
présent en moi tout ce qu’il faut d’essai dans le vide et de tentatives
fécondées pour me mettre le coup de pied. Seulement quelques mètres, d’ici je
vois sa trappe. Messieurs dames c’est pour aujourd’hui ou pour demain !