Oh ciel, l'abomination de
nos genres a voulu que j'aille plus encore dans le regrettable, à qui ira le
plus loin, à qui gagnera le dernier morceau de pain. Messieurs dames, à quoi
bon sortir lames et entrailles si ce n'est pour quelques minutes de plus à arracher
à la gueule du monde entier? Et dans mon dessein pas le moindre gain de temps!
Au bout-du-bout-des-comptes j'ai a m'absoudre d'un pêcher bien plus grand qu'un
divin et alors quoi? La misère au bout des doigts? La honte calée au bas du
dos? Les regrets immergés sous la peau? Messieurs dames la vérité vraie mise à
nue et à avaler: nul besoin d'un couteau pour m'arracher les maux, pour graver
sur ma page blanche les corrections d'usages. Je suis et je resterai la femme
que j'ai toujours été et rien d'autre alors à envisager que d'accepter le fait
que je ne puisse évoluer. Des lors j'ai à ôter mon masque et avouer la
supercherie, comme on dit finit la comédie, pour sur que tu n'es pas mon autre
moi, j'ai construis ce que je ne suis pas et maintenant que tu sais la vérité
je prendrais bientôt le risque d'entrer dans ta soue à membre et d'y être
traitée comme le sont les quelconques étrangers, à savoir y finir découpée.
Quand il n'est rien à perdre, il n'est rien à craindre.
Espaces intimes croisés en tentative de rencontre à distance.
Une correspondance dont on n'aura que des bribes.
Entre deux missives, les narrateurs se racontent...
Une correspondance dont on n'aura que des bribes.
Entre deux missives, les narrateurs se racontent...
Jour 13 : Elle
Aujourd’hui
premier jour du cinquième mois de silence, j’avais prévenu que je n’allais plus
y aller par quatre chemin et pour se faire il y a le besoin de sécurité à
satisfaire alors oui mon bon monsieur, tu as la queue entre les jambes et moi
le frein rongé par ma curiosité. Ma curiosité de vouloir lettre après lettre
sortir de ma planque pour découvrir tes mots balancés à la va vite entre deux
rencontres de corps que je n’ai d’ailleurs pas encore eu la chance de voir ressortir
de ton trou qu’elle qu’ils soient. Messieurs dames quatre mois complets que je
garde le silence terrée dans ma planque avec vue sur sa trappe qui s’ouvre et
se referme, oh ça non il ne peut pas l’imaginer ma présence au plus près de lui
depuis des-semaines-par-paquet à l’espionner… Avant de mettre le pied dans
l’engrenage j’avais à partir en reconnaissance on dit, avec le minimum d’eau et
de vivres pour tenir genoux contre poitrine, à voir les escarres s’étendre sur
mon corps maigrissant dans le but de peut-être y trouver mon compte quant à la
découverte du personnage. Et j’ai à présent en réserve bien assez
d’informations et d’images collées à la rétine pour aller me jeter dans la
gueule du grand méchant loup, un patchwork crado des membres du type, un
tableau presque trop sale de la bête. Aujourd’hui mon bon monsieur j’ai une
longueur d’avance, je sais où je vais, et une fois mes articulations et rotules
remises en place, j’ai la ferme intention de me jeter corps et âmes dans cette
presque-trop-vieille-envie-de-rencontre. Messieurs dames chez nous on
dit : advienne que pourra !
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