Aujourd’hui
premier jour du cinquième mois de silence, j’avais prévenu que je n’allais plus
y aller par quatre chemin et pour se faire il y a le besoin de sécurité à
satisfaire alors oui mon bon monsieur, tu as la queue entre les jambes et moi
le frein rongé par ma curiosité. Ma curiosité de vouloir lettre après lettre
sortir de ma planque pour découvrir tes mots balancés à la va vite entre deux
rencontres de corps que je n’ai d’ailleurs pas encore eu la chance de voir ressortir
de ton trou qu’elle qu’ils soient. Messieurs dames quatre mois complets que je
garde le silence terrée dans ma planque avec vue sur sa trappe qui s’ouvre et
se referme, oh ça non il ne peut pas l’imaginer ma présence au plus près de lui
depuis des-semaines-par-paquet à l’espionner… Avant de mettre le pied dans
l’engrenage j’avais à partir en reconnaissance on dit, avec le minimum d’eau et
de vivres pour tenir genoux contre poitrine, à voir les escarres s’étendre sur
mon corps maigrissant dans le but de peut-être y trouver mon compte quant à la
découverte du personnage. Et j’ai à présent en réserve bien assez
d’informations et d’images collées à la rétine pour aller me jeter dans la
gueule du grand méchant loup, un patchwork crado des membres du type, un
tableau presque trop sale de la bête. Aujourd’hui mon bon monsieur j’ai une
longueur d’avance, je sais où je vais, et une fois mes articulations et rotules
remises en place, j’ai la ferme intention de me jeter corps et âmes dans cette
presque-trop-vieille-envie-de-rencontre. Messieurs dames chez nous on
dit : advienne que pourra !